Retour aux articles

Tout juste de retour de l’éclairante journée consacrée à l’empathie dans le cadre du 2ème printemps de la prospective, je vous livre ce que j’en ai retenu. Le fil rouge de la journée était : « Quelle place pour l’empathie dans un monde en transition ? » Vaste question. Qui a amené les échanges sur de tout aussi vastes et nombreux terrains.

D’abord, quels sont les « symptômes de ce monde en transition » ? Des échanges, je retiens une idée. On vit actuellement un choc entre deux mouvements contradictoires. D’un côté, des organisations (entreprises, écoles, politiques…) qui s’accrochent à un pouvoir qui réside encore dans une verticalité organisationnelle, dans le contrôle, dans la rétention des informations et dans l’imposition de lignes directrices. De l’autre côté, on a un monde parallèle. Celui de la vraie vie des gens, de plus en plus et de mieux en mieux interconnectés. Grâce à Internet, mais pas que. Étonnant d’apprendre que l’économie sociale et solidaire par exemple ne connait pas la crise. Elle représente plus de 10% des emplois en France. Mais il y a plus. Dans ce monde parallèle, tout le monde peut accéder à la connaissance. Elle n’est plus réservée aux sachants (MOOCs, cours et vidéos en ligne…). Dans ce monde, on crée en un clic (fablab). On propose ses idées et on est écouté (open innovation). On partage ses réalisations sans contreparties (open-source). On choisit d’investir dans les entreprises qui nous touchent et qui n’ont pas trouvé de financement dans les instances existantes (crowdsourcing). Dans ce monde, on donne parce que ça nous permet de nous réaliser. On imagine des territoires sans frontières (comme dans Google map) avec des lieux dédiés au partage.

Le décalage est déjà présent entre les institutions et la « vraie vie ». Mais le sentiment partagé par les intervenants aujourd’hui est qu’il va grandement s’intensifier. Les jeunes qui débarquent sur le marché du travail, dans les grandes entreprises, n’ont pas envie de se conformer aux codes de ces modèles vieillissants (ou de faire semblant comme l’on fait leurs aînés trentenaires au prix de grandes frustrations). Manager ? Nan, ça ne les intéresse pas. Ainsi, ils ne rentrent pas dans la chaîne de pouvoir établie qui dit que pour « faire carrière », il faut devenir manager. D’ailleurs, le système leur apparait tellement abscons qu’ils sont nombreux à souhaiter créer leur propre entreprise.

La place de l’empathie dans tout cela ? Elle semble capitale pour assurer la transformation relationnelle en cours. La vraie question est alors comment passe-t-on d’une société hiérarchisée à une société de flux ? Et comment agir en profondeur et dépasser le stade du ravalement cosmétique ? On sent un frétillement. Le ton est donné par les individus et par des communautés en recherche de plus de lien. De belles initiatives existent. Maintenant, pour transformer les essais, il faut que ces initiatives individuelles, associatives ou communautaires soient entendues et suivies par « la tête » : les patrons, les hommes politiques, l’éducation…

Et notre rôle en tant qu’ « Agence de la relation » ? Il est vaste car la mission que nous nous sommes fixée est ambitieuse. Aujourd’hui encore, nous avons la confirmation que nous allons dans le bon sens. Mais le changement prend du temps (et c’est normal). Notre rôle est donc d’inventer des modèles relationnels fonctionnels. D’abord pour rapprocher l’entreprise de ses publics mais aussi pour rapprocher les marques de leurs consommateurs. Allez, au boulot !

 

 

 

Partager cet article
3 commentaires sur cet article
Posté le par Simon

Mieux s’écouter et mieux se comprendre me semblent être les clefs des rapports sociaux en général mais aussi dans l’entreprise. Accepter l’idée que les idées et l’innovation ne découlent plus seulement de rapports pyramidaux mais plus verticaux, c’est l’avenir. Et ceux qui ne l’accepteront pas vont se couper de l’innovation qui se trouve là, juste sous leur nez.

Morgane Hemery
Posté le par Morgane Hemery

On est d’accord !

Posté le par Les commerciaux dans l’entreprise relationnelle : ce qui change - Chaïkana

[…] plus le produit mais le client. L’empathie (on vous en parlait il y a quelques temps dans un billet), devient une compétence clé du vendeur […]

Commentez cet article

Recevez nos articles par mail Inscrivez-vous à notre newsletter